L’autographe : objet de collection et d’investissement
Vous ignorez sans doute que Malcolm Forbes, JP Morgan, Bill Gates ont une passion commune. Vous pourriez penser que c'est la valeur de leur portefeuille d'actions ou leur nombre de propriétés à travers le monde. Pas du tout, ce sont des collectionneurs d'autographes et de manuscrits. Dès la fin du 20e siècle, la famille Forbes détient une des plus belles collections d'autographes et de manuscrits historiques américaines jamais assemblées.
Rareté
Plusieurs facteurs concourent à la détermination de la valeur d'un autographe à la fois comme un objet de collection et comme un investissement.
Nous passerons ici volontairement sur l’authenticité qui, plus que déterminante, fait qu’un autographe sera acheté ou non ; sans cette caractéristique, aucune suite ne sera donnée bien entendu.
La rareté de la pièce autographe est sans doute essentielle mais diffère d’un pays à l’autre : ainsi les lettres signées par Napoléon ne sont pas rares en France mais plus rares aux États-Unis. A l’inverse, les pièces autographes ou simplement signées par Thomas Jefferson (1743-1926), le 3e président des États-Unis d’Amérique, sont rares en France mais moins dans son pays natal.
Ce critère de rareté ne doit pas seulement s’entendre en tant que nombre de pièces « disponibles » pour les collectionneurs mais surtout dans le contenu et la forme de l’autographe dont il est question. Ainsi, une lettre autographe signée de Napoléon - et non par exemple une simple lettre signée – demeurera aussi rare en France qu’à l’étranger, ce qui ajoutera bien sûr énormément à sa valeur sur le marché international.
Ce critère crée nécessairement une loi de l’offre et de la demande même si elle ne peut être simple dans le domaine de l’autographe puisque chaque pièce est rendue unique et si une pièce disparaît, il sera impossible de la remplacer. De même, la disponibilité est un critère à prendre en compte afin que l’on puisse enrichir sa collection.
Ainsi, parait-il judicieux de créer des collections de qualité et intéressantes d’un point de vue historique en gardant à l’esprit que tout ce qui, dans le domaine particulier de l’autographe, est de qualité, se vend parce que désirable.
Nous estimons, qu’en offrant cette combinaison d’éléments à nos collectionneurs et en prenant en compte leurs intérêts, la valeur de leurs autographes augmentera. Combien d'entre nous peut en dire autant de l'investissement dans des portefeuilles d’actions ?
Le marché des autographes, bien que peu sensible à la spéculation, est parfois sujet à un « battage médiatique » et de possibles influences extérieures auront un impact sur ce marché. Ainsi, à Paris, la vente du manuscrit d’André Breton « Le premier manifeste du surréalisme » a joui d’un très intense plan média qui a certainement largement contribué au résultat des 3,6 millions d’euros atteint aux enchères, devenant ainsi le manuscrit le plus cher de la littérature moderne en 2008 (Sotheby’s Paris). D’autres exemples peuvent être cités telles les ventes Breton et Pierre Bérès (voir notre rubrique « Collectionneurs : une galerie de portraits »).
Contenu
Mais revenons au cœur même de la nature d’un autographe : sa valeur tient principalement à son contenu. Ainsi, une lettre autographe signée de Gauguin et illustrée d’un dessin évoquant un tableau en cours de réalisation ou une lettre autographe de Napoléon décrivant une bataille, ou encore une lettre de Beethoven composant une symphonie sont évidemment rares et d’un contenu précieux pour l’histoire des connaissances. Si ces pièces sont présentées sous le feu des enchères, il est certain que des collectionneurs du monde entier se livreront une bataille féroce pour les acquérir.
La valeur d’un autographe peut encore augmenter par une association heureuse comme une lettre de Van Gogh à Gauguin, une telle correspondance entre deux peintres « clés » de l’histoire de la peinture peut se révéler très « enrichissante ».
Il convient dès lors d’associer contenu et rareté, mais ne pas oublier le point de vue des collectionneurs. Pages musicales, pages d’amour, écrits scientifiques – particulièrement de Einstein - , tous ces écrits émeuvent.
Il est également important de noter que ces pièces doivent être d’une qualité sans faille, leur état doit être très bon, voire parfait, et qu’une provenance certaine, notamment d’une collection ancienne de lettres autographes, sont des éléments qui peuvent encore ajouter à leur valorisation.
Les autographes : un investissement ?
La réponse est positive en prenant en considération les éléments que nous venons d’évoquer. Cet investissement, bien qu’il ne soit pas particulièrement liquide -, mais cela est vrai dans la majorité des investissements car il est parfois nécessaire de garder une ou plusieurs pièces des années avant que le bon client se présente -, doit se faire, pour une bonne partie dans le plaisir et l’envie.
Il ne faut pas négliger non plus les avantages fiscaux potentiels dont votre collection peut vous faire profiter et de la possibilité de dation par la suite. Ceux-ci peuvent être considérables et doivent toujours être évalués lors de l'examen de la dispersion d'une collection.
Évaluer sa collection d’autographes à un moment donné est bien légitime, mais le véritable pari pour celui qui aborde le monde de l’autographe serait de savoir comment sa (future) et précieuse collection affecte son cœur et son budget tout en gardant présent à l’esprit qu’il existe pour chacun une collection à créer sans forcément avoir des moyens financiers colossaux.



