Les correspondances, Manosque : 23-27 septembre

C’est la 11e édition de ce festival qui, en tant que premier rendez-vous de la rentrée littéraire, accorde une large place à la parole des auteurs contemporains (lectures et rencontres) tout en croisant les formes esthétiques (musique, arts plastiques).
Dans ce riche programme de 5 jours et 4 nuits, on retiendra :
« Marguerite Yourcenar et Constantin Cavafy en correspondance » par Nicole Garcia et Polydoros Vogiatzis. Grande salle du théâtre Jean-le-Bleu. Jeudi 24 septembre.
« Constantin Cavafy (1863-1933), poète grec peu connu de son vivant, est aujourd’hui considéré comme l’une des figures les plus importantes de la littérature du XXe siècle. Fonctionnaire au ministère des Travaux publics d’Alexandrie, journaliste et courtier à la Bourse, il a beaucoup voyagé en Angleterre, en France — où il a résidé — et en Grèce. S’il eut quelques amitiés dans les cercles littéraires (il fut en relation pendant plus de vingt ans avec Edward Morgan Forster), pendant longtemps son œuvre resta inconnue au grand public. Il n’a publié aucun recueil de son vivant, donnant des poèmes à des revues littéraires ou les faisant circuler auprès de quelques amis sous forme de feuillets. C’est Marguerite Yourcenar qui a traduit en français mais aussi préfacé l’œuvre de celui qu’elle disait être « l’un des plus grands, le plus subtil en tout cas, le plus neuf peut-être, le plus nourri pourtant de l’inépuisable substance du passé ».
« Lettre à Génica, La Folie d’Amour. Antonin Artaud », par Carole Bouquet. Grande salle du théâtre Jean-le-Bleu. Vendredi 25 septembre.
Artaud tomba fou amoureux de la Roumaine Génica Athanasiou. « “Là où d’autres proposent des œuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit”, écrit Artaud, le “poète maudit”, en préambule de L’Ombilic des limbes. Et posant cela, il dit toute l’essence de son œuvre et de ses poèmes. Il invente une “poésie mentale”, presque psychotique et obsessionnelle, inspirée des idées surréalistes où l’humanité jaillit à vif, gangrenée par la douleur et la rage face au mystère de l’incarnation. »
Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig par Nathalie Dessay. Grande salle du théâtre Jean-le-Bleu. Dimanche 27 septembre.
“C’est depuis cette seconde que je t’ai aimé. Je sais que les femmes t’ont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne t’a aimé aussi fort – comme un esclave, comme un chien –, avec autant de dévouement que cet être que j’étais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, d’une femme épanouie.” « Cette longue lettre mystérieuse décrit un amour total, passionnel, tapi dans l’ombre. Une sorte de confession adressée à un romancier par une femme inconnue qui l’a aimé, en silence, toute sa vie sans qu’il ne s’en aperçoive. Le destinataire – un double de Stefan Zweig ? – rentre chez lui à Vienne et découvre parmi son courrier cette lettre volumineuse. L’écriture est sublime et déchirante et nous immerge dans les profondeurs d’une passion amoureuse dévastatrice, absolue et obsessionnelle. »
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